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SACHA ET LE CINEMA

Sacha en la très charmante compagnie de Bernadette Lafont dans une scène du film ’Les Mordus’

L’histoire retiendra que c’est dès 1952 et là encore sous l’égide de « Tonton Ray » que Sacha fait sa première prestation devant une caméra. Il signe une petite apparition dans un film du réalisateur Jean Boyer qui connaît alors une certaine notoriété. Dans « Femmes de Paris », sur un scénario à moitié écrit par Ray Ventura et dont la musique est signée Paul Misraki, Sacha, tout juste sorti de l’adolescence, voisine le grand Michel Simon mais aussi quelques jeunes gens de sa génération eux aussi en quête de notoriété : Robert Lamoureux ou Roger Pierre et Jean-Marc Thibault. C’est ensuite plus sûrement au début des années soixante que Sacha, ayant fait sa place dans la chanson s’intéresse de nouveau au cinéma. Et par la grande porte : en 1960, il tient le premier rôle dans Les Mordus de René Jolivet. Un polar où il campe le personnage de Jean-Pierre Bernard, un évadé en cavale qui rentrera dans le droit chemin grâce à l’amour dévoué d’une employée des Postes jouée par Dannick Patisson. Il en profite aussi pour signer la musique du film.

En 1960

Sacha fait aussi une petite apparition dans le célèbre « Zazie dans le métro » de Louis malle aux côtés de Catherine Demongeot, Philippe Noiret et Annie Fratellini. Petit à petit, Sacha s’inscrit dans le paysage cinématographique. L’année suivante, en marge d’une scène dans le classique « Aimez-vous Brahms » d’Anatole Litvak avec Ingrid Bergman, Yves Montand et Anthony Perkins, il signe « Marina » la musique de « L’orgueil » de Roger Vadim dans le film à sketches « Les sept pêchers capitaux ». Pour la petite histoire, « Marina », mise en parole et interprétée par Tony Bennet deviendra peu de temps après, un incontournable standard sous le titre « The good Life ». En français « La belle vie »…. Ca vous dit quelque chose ?

S‘il n’y avait pas eu la chanson, nul doute que Sacha, fan de jazz, aurait pris le tournant de la Nouvelle Vague alors naissante. Mais en ce début des années soixante, avec une notoriété déjà acquise et une image de chanteur populaire, Sacha va se tourner délibérément vers un cinéma de divertissement et participer à une série de films familiaux.

En 1962

Il ensoleille guitare à la main « Nous irons à Deauville », une pochade de Francis Rigaud avec Michel Serrault et Louis de Funès dans les rôles principaux. Sacha joue ainsi les faire-valoir aux côtés de Claude Brasseur, Pascale Roberts et Jean Carmet, En 1963 avec la même bonne humeur, il campe Roger, un amant de Marie-Paule, Annie Girardot, joueuse invétérée dans « La bonne soupe » de Robert Thomas. L’année suivante, 1964, il participe avec Jean-Louis Trintignant, Francis Blanche, Darry Cowl, Marie-Josée Nat, Jean Poiret, Michel Serrault et une dizaine d’autres « guest stars » à la comédie chorale de Michel Drach « La bonne occase » qui connaît un succès retentissant. Ce film signera la fin de la première partie de la carrière cinématographique de Sacha qui, à cette époque, est trop accaparé par la chanson pour mener de front deux carrières simultanément.

Six ans plus tard en 1970

’Sans mobile apparent’, un grand classique du polar français des années 70

Claude Lelouch, qui vient de laisser pour un temps l’élaboration de son cinéma vérité pour s’intéresser au film policier, convainc Sacha de revenir devant une caméra pour jouer … lui-même ! Typiquement du Lelouch ! Sacha Distel joue donc Sacha Distel dans le Voyou aux côtés de Jean-Louis Trintignant, Danièle Delorme, Charles Gérard et d’Yves Robert. Mais c’est en 1971 que Sacha va jouer dans son meilleur film : « Sans mobile apparent » de Philippe Labro avec Jean-Louis Trintignant, Dominique Sanda, Jean-Pierre Marielle et Stéphane Audran. Il campe le personnage de Julien Sabirnou, star de la télévision et cible d’un tueur mystérieux. La mise scène à l’américaine, sèche et nerveuse de Labro fait du film un grand classique du polar français des années 70.

A cette période, Sacha est de nouveau confronté au dilemme du choix : le cinéma ou la chanson. Une nouvelle fois, il choisira de monter sur scène : l’Angleterre lui tend les bras.






Texte de : Eric Jean-Jean